Sophie V., vendeuse
Elle m'avait prévenu au téléphone : « Je fais vendre par moi-même. Je veux juste un avis sur le prix. »
Sophie est avocate. Elle aime les dossiers bien tenus. Elle avait déjà préparé tous ses documents, un planning de visites, un prix. Elle n'avait besoin de personne — en théorie.
Nous avons fait le tour de son appartement. Elle avait pensé à tout, sauf à une chose : elle-même. Elle ne pouvait pas être à la fois la vendeuse et la voix qui négocie sans émotion avec l'acheteur.
Je lui ai proposé de garder toute la partie qu'elle maîtrisait et de nous laisser filtrer, visiter, négocier. Un mandat étroit.
Trois semaines plus tard, signature. Au prix demandé. « Je ne voulais pas d'agence, m'a-t-elle écrit. J'ai changé d'avis en quarante minutes parce que tu n'as rien essayé de me vendre. »
C'était, probablement, la meilleure chose qu'on m'ait dite cette année-là.
« Je n'ai rien essayé de lui vendre. C'était probablement la meilleure décision de l'année. »